vendredi 9 janvier 2015

Un nouveau commencement ?



Aujourd’hui, beaucoup de personnes sont choquées, meurtries, devant l’accomplissement de cette menace dormante qui touche aujourd’hui notre pays. L’attentat le plus meurtrier depuis plus de 50 ans, que beaucoup n’avaient donc pas connu. Un grand choc national, international, que nous ne pouvions même pas imaginer (et faîtes le test) trois jours auparavant.

À l’issue de ces évènements, deux scénarios s’envisagent : l’escalade des violences ou l’union d’un peuple, d’un pays.

Le premier scénario est le plus facile : la peur, le sentiment de revanche, la haine… Quelques actes isolés ont déjà été commis entre inscriptions racistes, commentaires sur les réseaux sociaux ou dégradations volontaires de lieux de culte musulmans. Ces actes restent marginaux mais ils sont naturellement les plus marquants car ils nous inquiètent. Parce que nous avons chacun peur de ce scénario, de ce qu’il peut advenir, c’est peut-être celui qui est malheureusement le plus présent dans nos esprits.

Et pourtant, j’ai personnellement choisi de suivre et de croire au second. De ces attentats, je préfère ne retenir que l’immense mobilisation spontanée qui s’en est suivie. Un élan de communion, de solidarité et d’amour envers les valeurs qui fondent notre pays. Partout en France et dans le monde, des personnes ne se connaissant pas, de toutes confessions, ont proclamé ce même amour en se tenant main dans la main. Des moments extraordinaires, des déclarations poignantes et des larmes, communes, dénonçant le même rejet de l’obscurantisme.

Est-ce un nouveau commencement ? Je crois que le peuple français avait oublié à quel point il pouvait être solidaire malgré ses différences, à quel point il pouvait faire bloc face à une menace longtemps éloignée, à quel point il suffit d’être uni, tout simplement, pour triompher.

Est-ce un nouveau commencement ? Je l’espère sincèrement. Nous devons chacun nous poser la question et devenir responsable de la réponse que nous souhaitons apporter.

"Soit les hommes s'écartent, se méfient, se défient et c'est la guerre, soit ils se traitent bien, se confient et c'est la paix". (Marcel Mauss, sociologue, Essai sur le don).

R.D.